Vous êtes ici : Sciences Po Toulouse

Parcours de Frédéric NICOLAS, doctorant au LASSP et ATER à l'IEP, en cotutelle de thèse avec l'Université Laval

Publié le 8 juin 2010

Il s'agit ici de mon expérience personnelle mais j'imagine que cela a pu être le parcours d'autres personnes :

J'ai commencé par prendre contact avec des professeurs d'universités au Québec car je désirais partir au Canada. Je leur expliquais ce qu'était dans ses grandes lignes mon projet de thèse. J'ai eu des réponses presqu'aussitôt, non pas en raison de la qualité de mon projet, mais parce les institutions de recherche sont assez réactives au Canada. Deux ou trois personnes m'ont renvoyé vers des collègues qu'ils jugeaient plus aptes à me diriger, et deux personnes ont répondu favorablement à ma demande. Après quelques échanges de courriels, je me suis décidé pour l'un d'entre-eux à l'Université Laval.

Après cette réponse favorable, je me suis renseigné sur les possibilités de financement de mon université d'accueil. Elles étaient les suivantes :

  1. Le fonds de soutien au doctorat : il s'agit d'un financement conditionné par le franchissement des étapes de la scolarité de doctorat (lien).
  2. Les frais d'inscription de la première année m'ont été remboursés à travers 2 paiements de 1000 $ chacun.
  3. Pour les doctorants en première année inscrits en cotutelle avec le Québec, il existe également un financement du consulat : la bourse du programme Frontenac (se renseigner sur le site du consulat) que j'ai obtenue. Il s'agit du paiement d'un billet d'avion AR par an pendant 3 ans, et de 3 mois de bourses (1500 $) par an pendant 3 ans.
Une fois sur place, ma seule possibilité de travailler était sur le campus de mon université. L'Université Laval a un service de placement qui référence les offres d'emploi sur le campus et hors-campus. On peut notamment y trouver des annonces d'assistant d'enseignement et d'assistant de recherche. Après deux ou trois semaines, j'avais répondu à environ 5 offres dans le domaine de la recherche ou de l'enseignement. Une offre a abouti à la Faculté des sciences de l'agriculture et de l'alimentation comme assistant d'enseignement : mon rôle était de préparer un cours qui allait se dérouler au semestre suivant (travail de bibliographie et de synthèse + plan détaillé du cours). Au second semestre, mon directeur de thèse m'a proposé d'être correcteur pour un cours qu'il donne sur Internet. En plus de cela, j'ai décroché un contrat de recherche à la faculté des sciences de l'administration. Tout ça pour dire que les possibilités d'emploi sur le campus sont nombreuses et pas seulement dans les cuisines du RU ! (Un conseil : les CV et lettres de motivation sont différents au Québec : aller vers le service de placement pour quelques conseils).


Concernant le déroulement du doctorat :

1)  Il y a douze crédits de scolarité à obtenir, soit 3 cours (dont un séminaire de doctorat : méthodologie). Pour ma part, j'ai choisi de les passer dès la première session et cela ne s'est pas avéré aussi contraignant que ce que j'avais imaginé au départ.

2)  Une des spécificités du parcours tient dans le fait que deux examens de passage assez importants sont obligatoires : il s'agit de l'examen de synthèse (3 questions sur le sujet de thèse, proposées par les directeurs de thèse et éventuellement par une personne extérieure ; réponse à ces questions en 30 à 40 pages ; 50 références bibliographiques par question ; soutenance à l'oral) et du projet de thèse (une vingtaine de pages à soutenir à l'oral ; examen de passage sans lequel la poursuite du travail de recherche n'est pas possible ; assez important donc). Ces deux examens permettent de construire un cadre théorique et méthodologique très solide : malgré le temps que cela prend, je pense que cela est bénéfique au doctorant car l'encadrement de son travail est plus soutenu (et institutionnalisé).

 

Les avantages de la cotutelle sont :

  • le double diplôme : Le Phd. québécois et le doctorat français.
  • les possibilités de communication dans les deux pays.
  • l'avancement de la thèse est structuré par une scolarité de doctorat, qui sans être contraignante, permet toutefois au doctorant de bâtir une solide armature théorique et méthodologique.
  • deux traditions scientifiques (européenne et nord-américaine).
  • deux marchés de l'emploi aux exigences différentes.
  • ...

Si des étudiants sont intéressés par ce genre de parcours, je serai heureux de répondre à leurs questions : frederic.nicolas@sciencespo-toulouse.fr


 Θ


haut de la page