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2001-2002

Publié le 16 mai 2005




Organisation de 2 séances dans le cadre du séminaire de recherche transversal de l'IEP de Toulouse « L'Europe au concret » :

« L'Europe en marche » : les usages en manifestation de l'intégration communautaire
(mardi 4 juin 2002, IEP de Toulouse, 10h30 , salle du conseil)

Marion Avrillier , ATER de science politique, IEP de Toulouse, LaSSP (Laboratoire des sciences sociales du politique) : « Processus d'intégration européenne et nouvelles formes d'actions collectives protestataires en Croatie » .
Didier Chabanet , Chercheur INRETS au GAPP (Groupe d'Analyse des Politiques Publiques): « L'européanisation de l'action collective ».

Après une longue phase de désintérêt (désintérêt porté plus généralement sur les comportements politiques dits « non conventionnels »), la science politique n'a eu de cesse, depuis, d'interroger la manifestation, pour laquelle une littérature importante s'est constituée durant les années quatre-vingt-dix. Or ces travaux interrogent la manifestation sous plusieurs angles (sa morphologie, sa genèse en terme d'entreprise de mouvement social, sa représentation médiatique, le contexte institutionnel qui la rend possible, etc.) - mais ceci, la plupart du temps dans les espaces nationaux . Or de nombreux évènements récents placés à l'agenda médiatique comme Vilvoorde, les Marches européennes contre le chômage ou les manifestations lors des Sommets européens (Göteborg, Nice, etc.) laissent entrevoir la possibilité de « manifestations européennes » ou pour le moins transnationales. Or la technologie sociale de la manifestation constitue un moyen particulièrement pertinent de rendre l'Europe « concrète » car visible et surtout incarnée dans un groupe d'individus manifestant. Il convient donc d'interroger ces « manifestations européennes » (c'est-à-dire celles dont le sens construit tant par les entrepreneurs de la mobilisation que par les médias est indexé à la problématique du processus d'intégration communautaire) selon plusieurs questions : quels groupes peuvent « mobiliser l'Europe » afin de construire le sens de leur manifestation, que ce soit pour la critiquer comme pour en appeler à elle, et pourquoi ? Et quels registres de l'intégration communautaire sont plus précisément invoqués ? On le voit, seule l'analyse comparée de la mobilisation de plusieurs groupes investissant l'« Europe » peut nous renseigner sur les divers usages en manifestation (revendicatifs pour les groupes fragilisés par le marché unique, instrumentaux pour les groupes périphériques, etc.) de l'intégration communautaire. Tel est le but de cette séance.


Les identités territoriales dans/par l'Europe
(jeudi 27 juin 2002, IEP de Toulouse , 10h30, salle du conseil)

Andy Smith (chargé de recherche FNSP, CERVL) : « Les appartenances territoriales en Europe : leçons méthodologiques d'une étude des supporters de football et de rugby ».
Fabien Charlet (ATER de science politique, UT1, doctorant, CIRESS) : « l'Europe, l'espoir flou des minorités périphériques françaises ».

L'Europe n'est pas seulement un espace politique en formation. C'est également un territoire, incertain car tout à la fois dépendant de l'avancée institutionnelle de l'Union européenne et donc non stabilisé mais également morcelé en cultures, langues ou traditions différentes quoique bien réelles. Littéralement utopique d'un côté et tout autant confrontée à des entités routinisées et naturalisées par l'histoire de l'autre, l'intégration communautaire, comme projet politique, doit donc affronter la question identitaire, notamment dans sa dimension territoriale - surtout lorsqu'elle prétend se plier aux exigences d'un vouloir-vivre ensemble, d'une sociabilité à fonder. Or sur ce point, paradoxalement, les sciences sociales restent relativement muettes. Parce qu'elles restent en grande partie tributaires d'une vision toujours macroscopique de « l'espace public européen », à coup d'Eurobaromètres, alors qu'il conviendrait peut-être de scruter ce dernier au microscope. Parce qu'elles tiennent parfois pour indigne la question des réceptions « ordinaires » des produits politiques - à plus forte raison lorsque ceux-ci viennent de Bruxelles. Ou parce que la sociologie, notamment politique, n'a commencé à s'intéresser que récemment aux questions communautaires, laissant pendant longtemps ce champ au quasi monopole du droit communautaire ou de l'étude des relations internationales. Il convient donc de prendre en compte cette épaisseur sociale, cette dimension identitaire dans l'Europe en formation et surtout, de ne pas s'interdire de l'analyser à travers des formes ou des comportements abusivement qualifiés de « populaires » ou de « prosaïques » - et donc soi-disant indignes d'un regard de politiste : par exemple, le suivi des équipes sportives de football ou de rugby qui engage des redéfinitions identitaires particulièrement profondes. Mais de même, lorsqu'elle est focalisée par rapport à l'Europe, la question identitaire recèle une dimension stratégique pour certains groupes périphériques, comme les partis régionalistes qui intègrent la question communautaire comme une ressource nouvelle face aux forces politiques stato-centrées.






Organisation de 5 séances dans le cadre du séminaire interne du LaSSP « épistémologie et méthodologies des sciences sociales » :

- Claudine Haroche : « la codification du sentiment en régime démocratique »
(30 janvier 2002, IEP, Salle du Conseil, 10h30-12h30)

C. Haroche (Directrice de recherche, CNRS, CRPS, Paris I) est venu présenter aux membres du LaSSP son dernier ouvrage co-écrit avec Robert Castel ( Propriété privé, propriété sociale et propriété de soi , Paris, Fayard, 2001). Outre le contenu de celui-ci et la question de la codification du sentiment dans les sociétés démocratiques, son intervention a également porté sur l'exercice scientifique du livre d'entretiens.

- Daniel Mockle : « une collaboration réussie entre droit et science politique : le Département d Science Politique et Droit de l'UQAM »
(7 mars 2002, IEP, Salle du Conseil, 10h-12h)

D. Mockle (Professeur de Droit à l'Université du Québec à Montréal) est venu présenter aux membres du LaSSP une configuration institutionnelle originale, du moins du point de vue de la situation française : la collaboration harmonieuse entre juristes et politistes autour du thème commun de la mondialisation. Mais la question du partage d'un socle épistémologique et de pratiques méthodologiques reste ouverte.

- Andrew Appleton : « Etat des lieux de la science politique aux Etats-Unis »
(22 mars 2002, IEP, salle du Conseil, 10h-12h)

A. Appleton (Professeur associé à l'Université Washington) est venu présenter un état des lieux de la science politique américaine, dont il a souligné les racines historiques, la forte identité disciplinaire, l'assise institutionnelle mais également la prégnance des débats intellectuels qui l'agitent, notamment autour des théories du choix rationnel.

- Bernard Lahire : « les conditions d'entrée dans les sciences sociales : l'affaire Elisabeth Tessier »
(29 mars 2002, IEP, salle PENA, 10h-12h)

Autour de la récente soutenance de thèse d'E. Tessier et des enjeux à la fois académiques, intellectuels et épistémologiques que celle-ci permet de soulever, B. Lahire (professeur de sociologie à l'ENS Lyon) a rappelé certaines des conditions sociales (parfois défaillantes) de production des sciences sociales et de garantie de leur scientificité : le contrôle par les pairs et la sélection des impétrants sur la base d'une maîtrise attestée des instruments et des méthodes de ces disciplines.

- Rod Benson : « L'application de la théorie des champs dans un cadre comparatif : France/USA »
(5 avril 2002, IEP, salle PENA, 10h-12h)

Autour de son travail sur la construction médiatique de l'enjeu migratoire aux Etats-Unis et en France, R. Benson (Associated Professor, AUP) a rappelé le caractère fécond, pour l'analyse comparée, du cadre théorique de champ emprunté à Pierre Bourdieu, à la fois par le regroupement raisonné des hypothèses qu'il permet mais aussi par l'homogénéité des méthodes qu'il sous-tend.

Sylvain Laurens


 Θ


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