Entretien avec Célia Keren


du 25 novembre 2019 au 20 décembre 2019

Maîtresse de conférence en histoire contemporaine à Sciences Po Toulouse, nommée membre junior de l'IUF

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Célia Keren est maîtresse de conférence en histoire contemporaine à Sciences Po Toulouse. Agrégée d'histoire et diplômée de l'École Normale Supérieure et de Sciences Po Paris, elle est nommée, en avril 2019, membre junior de l'Institut Universitaire de France (IUF). Nous l'avons rencontré à l'occasion de sa nomination. Elle nous en dit plus sur ses projets de recherche et son nouveau statut. 

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos différents projets de recherche ?

Ma première recherche a consisté à faire l’histoire d’une cause politique, tant antifasciste qu’humanitaire : celle de l’évacuation et de l’accueil en France d’environ 15 000 enfants espagnols pendant la guerre d’Espagne entre 1936 et 1939. Ma nouvelle recherche, pour laquelle j’ai obtenu la bourse de l’IUF, prolonge ce premier travail en revenant sur l’histoire à la fois syndicale et humanitaire des déplacements d’enfants, qui sont très courants à cette époque.

Vous-êtes maîtresse de conférences à Sciences Po Toulouse, que vous apporte votre enseignement dans notre établissement ?

Beaucoup. Sur le plan de la recherche d’abord, pendant ma thèse j’ai commencé à lire beaucoup de sociologie politique, mais de façon un peu désorganisée. Enseigner dans un IEP, avec des cours transdisciplinaires et des collègues politistes, m’a permis de me mettre à niveau en sociologie des mouvements sociaux et de penser de façon beaucoup plus interdisciplinaire. Et puis, j’aime enseigner. Cela permet de donner du sens à la pratique d’historien.ne, en essayant de la communiquer à d’autres. Autrement, quand on ne fait que de la recherche, on peut rapidement avoir l’impression que notre travail ne sert à rien. Je suis assez déprimée si je n’enseigne pas du tout.

Quelles sont les raisons qui ont motivé votre candidature à la Campagne de sélection des membres juniors de l’Institut universitaire de France ?

J’ai beaucoup enseigné ces dernières années, et dans beaucoup d’établissements différents, à cause des conditions d’emploi dans l’établissement supérieur qui font qu’on enchaîne les CDD avant d’avoir un poste fixe, avec toujours des nouveaux cours à préparer. Depuis la fin de ma thèse, je n’ai quasiment pas pu faire de recherche. J’avais envie d’avoir plus de temps, et surtout la liberté de mouvement pour mener une recherche transnationale dans plusieurs pays, comme je l’avais fait pendant ma thèse.

Quelles sont les responsabilités attachées au statut de membre junior de l’IUF ?

Aucune, sinon mener à bien son projet de recherche personnel. C’est vraiment exceptionnel dans le paysage du financement de la recherche aujourd’hui : alors que la plupart des financements sont sur projets collectifs, de court terme (3 ou 4 ans), et sur des thématiques plus ou moins imposées, l’IUF permet de mener un projet personnel librement, avec 5 ans de financement et de décharge d’enseignement. Je suis extrêmement chanceuse d’avoir obtenu ce statut.

Qu’envisagez-vous pour la suite de votre carrière ?

Mon objectif est de mener à bien mon nouveau projet de recherche pour en tirer, d’ici 5 à 7 ans, une habilitation à diriger des recherches. Ce sera mon dernier « examen » : un gros mémoire de recherche, soutenu et évalué par mes pairs, qui me permettra de diriger des thèses à mon tour et de passer professeure des universités (le statut au-dessus de celui de maîtresse de conférences que j’ai actuellement).


Rédigé par MATHIDA DIABY

Mise à jour le 9 décembre 2019


 

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